J’ai longtemps regardé sans oser.
Des photos, des cordes… Toute seule chez moi, à imaginer sans vraiment savoir ce que ça ferait en vrai.
Et puis il y a presque trois ans, j’ai sauté le pas et j’ai été encordée pour la première fois. Et là… ça a été une évidence. La contrainte, les sensations dans le corps, le fait de lâcher, et surtout ce lien très fort avec l’encordeur.
Avec le temps, j’ai commencé à explorer seule. Tester, rater, recommencer.
Et puis petit à petit, avec pas mal d’encouragements autour de moi, j’ai osé corder d’autres personnes. D’abord timidement, puis de plus en plus, jusqu’à le faire en public.
Honnêtement, la question de la légitimité a été (et est encore parfois) compliquée pour moi. Être une femme encordeuse dans un milieu encore très masculin est quelque chose qui m’a longtemps freinée et énormément fait douter.
Et si je participe à ce week-end cordes, c’est exactement pour cette raison. Parce que j’ai eu la chance d’être encouragée, poussée, soutenue à des moments où j’en avais besoin. Et que j’ai envie de rendre ça. D’encourager à mon tour, surtout d’autres encordeuses, à essayer, à se lancer, à se sentir légitimes.
Dans ma pratique en tant qu’encordeuse, j’aime que la corde puisse changer de visage.
Parfois c’est doux, enveloppant, rassurant. Parfois c’est plus rapide, plus intense, un peu plus sadi…euh piquant. Ça dépend de l’énergie du moment, de l’Autre et de ce qui se joue entre nous.
Et pour moi, la corde passe beaucoup par le jeu. Interagir, rire, voire laisser la personne encordée imposer des contraintes (pas trop non plus hein!).
C’est dans ces moment-là que quelque chose devient vraiment vivant, et que la connexion est pleine, profonde.
Et sinon, en tant qu’encordée, il paraitrait que je suis un chewing-gum qui sait respirer par les oreilles mais, à mon sens, c’est juste des rumeurs !
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